Le marché des compléments alimentaires en France est en pleine explosion et a de beaux jours devant lui… On nous vend la santé dans l’assiette ET dans la boîte de gélule. Mais n’est-il pas plus facile d’avaler deux ou trois gélules plutôt que de faire le marché, de cuisiner du poisson, de préparer une salade de fruits ? En tout cas c’est bien plus rapide, et ça en attirera plus d’un à l’heure ou nous n’avons plus le temps de rien…
A titre d’exemple, il existe aujourd’hui aux États-Unis 75 000 types de compléments alimentaires. 50% des adultes en consomment tous les jours et 12% en prennent cinq ou plus par jour ! Nous sommes encore loin de ces chiffres en France mais les compléments alimentaires sont d’ores et déjà omniprésents et libres d’accès dans toutes nos pharmacies et grandes surfaces et avec eux, leurs lots de promesse, santé, longévité, beauté… Tout ce dont on rêve en gros.
Pourtant, il faut noter l’insuffisance flagrante de garanties quant aux avantages qu’ils apportent sur la santé et, pire, pas de garanties non plus sur leur innocuité à long terme… Contrairement aux médicaments, leur commercialisation ne nécessite pas au préalable d’autorisation de mise sur le marché basée sur une expertise scientifique et indépendante du produit. L’industriel est seul responsable de ces actes, à nous donc de lui faire confiance en lui confiant le soin de notre santé.
Or quelques études récentes sur le sujet ne sont pas là pour nous rassurer…
Si les effets positifs sont démontrés à l’heure actuelle pour certains, des effets négatifs ont également été démontrés récemment pour d’autres.
Il en est ainsi du béta-carotène dont l’effet positif sur l’incidence du cancer du poumon s’inverse chez le fumeur. Donc gare aux gélules bronzage ! Les gros fumeurs feraient bien de lui préférer la fréquentation, raisonnable bien sûr, de la terrasse ensoleillée. Moins chère d’ailleurs…
Des études cliniques sur l’effet du sélénium et de la vitamine E ont également dû être arrêtées prématurément lorsque l’augmentation de l’incidence du cancer a été observée sur le groupe complémenté en vitamine E et idem pour l’augmentation de l’incidence du diabète pour le groupe traité en sélénium. Dommage pour les volontaires de l’étude… Mais d’ailleurs, ces produits ne sont-ils pas déjà en vente depuis longtemps ? Bien sûr, ces essais comprenaient certainement des doses très importantes, mais tout de même !
En conclusion, le manque d’information sur les effets réels des compléments alimentaires avant leur mise sur le marché paraît proprement scandaleux. Et il est comme un air de déjà vu concernant l’industrie pharmaceutique…
par Anaïs Laffond - diététicienne nutritionniste Paris
Posted on mai 4th, 2009 at 1:41 by anaislaffond
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